La vente à découvert ou « short » en anglais…

Vendre à découvert… En anglais : shorter… Des mots associés à la spéculation malveillante et non éthique pour ceux qui suivent les marchés de loin.
Qu’en est-il vraiment?

En bourse, et sur d’autres marchés (matières premières, devises, etc), on a le droit de vendre une action qu’on ne possède pas, avec l’espoir de la racheter plus tard à un prix plus bas. C’est comme si je vous disais que je vous vends la voiture de mon voisin pour 10.000€ et qu’ensuite, une fois que vous m’aurez payé, j’irai frapper à la porte du voisin pour lui acheter sa voiture à 8.000€ et vous la livrer. C’est ce qu’on appelle la vente à découvert.

Ce type de pratique, très usitée des traders, a l’avantage de fluidifier le marché, de l’équilibrer pour ne pas que tout monte tout le temps… Mais c’est aussi très dangereux, car les pertes peuvent cette fois excéder la mise ! En effet si vous vendez une action à 1€ et qu’elle monte à 3€… que vous devez alors la racheter à 3€ pour honorer votre position vendeuse, vous perdez 2€ soit 2 fois votre mise !

La vente à découvert est souvent utilisée par les gros intervenants pour faire baisser une action et faire paniquer les petits. Dans le but de pouvoir racheter encore plus bas. Elle est utilisée aussi sur les marchés de matières premières, le pétrole par exemple. Ou dans le cas des devises. Le 16 septembre 1992, George Soros se rendit célèbre en vendant à découvert pour quelque 10 milliards de dollars de livres sterling, anticipant correctement une dévaluation imminente de la devise par le gouvernement britannique de John Major. Durant l’été 2018, le fonds américain Muddy Waters a fait lourdement, très lourdement chuter le titre Casino sur la bourse de Paris. Ce qui mit l’entreprise à genoux, car du coup sa valeur boursière (qui comme indiqué plus haut est sa valeur objective) a fondu comme neige au soleil, ce qui lui a rabaissé considérablement son potentiel de négociation avec les banques.

Cette technique, généralisée à l’ensemble du marché, est parfois à l’origine de krachs boursiers comme en 1998 ou en 2011.

Seulement, quand il y a un krach boursier, les entreprises qui veulent lever des fonds sur le marché ne trouvent plus rien, car tout est alors asséché et que la confiance est perdue. Hélas cela peut provoquer des faillites. La spéculation effrénée peut donc effectivement empêcher des projets d’exister, que cela soit dit.

En période trouble, les autorités de marché interdisent les ventes à découvert (comme en mars-avril 2020, pendant la crise sanitaire), mais ces interdictions ne sont que temporaires.

Jean-David Haddad

Auteur de « Tout le monde peut s’enrichir en bourse« 

Avec Francebourse.com

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