Les taux obligataires

Pour financer leurs politiques budgétaires, les états prélèvent des impôts et taxes à leurs résidents, personnes morales ou physiques, mais ils s’endettent également. Ils n’empruntent pas (ou peu) aux banques comme le ferait un particulier mais émettent des obligations sur les marchés financiers internationaux. Ceux qui achètent ces obligations aux états en question attendent de se faire rembourser sur une durée échelonnée. Ils deviennent créanciers des états qui s’endettent.

L’obligation qui a été émise à un cours, comme un cours de bourse, et elle a aussi un taux de rendement.

Un taux de rendement rémunère le risque. Il est donc normal que ce taux soit plus élevé sur des obligations à 10 ans qu’à 2 ans car cela signifie que les investisseurs ont plus de doute, plus de brouillard sur une période de 10 ans que sur une période de 2 ans. En effet, plus on se projette loin dans le temps, plus l’incertitude sur la capacité de remboursement de l’émetteur de l’obligation ou sur le niveau des taux d’intérêt, ou sur le niveau de l’inflation, est élevée.


Quand les taux s’inversent, cela signifie que les investisseurs voient plus de risque sur 2 ans que sur 10. Donc anticipent une récession plus probable sur les 2 ans à venir que sur les 8 ans qui suivent.

Si les taux montent c’est que le cours des obligations baisse et vice-versa. Quand les taux obligataires baissent, du fait d’une hausse des cours des obligations sur le marché, causée par un vif appétit des investisseurs, les emprunteurs peuvent profiter de ce vif appétit pour s’endetter à des taux d’intérêt plus modestes.

La baisse des rendements obligataires incite à emprunter. Des taux qui montent, d’une manière générale, traduisent une hausse de l’anticipation de croissance par le biais de l’inflation. Mais cela peut aussi traduire une défiance envers la qualité de l’état-émetteur de l’obligation en question. Des taux très bas traduisent soit de la confiance soit une situation de très faible croissance économique. Soit les deux en même temps, comme c’est le cas actuel.

Concernant le niveau des taux à présent, un pays dont le taux obligataire est à 0%, cela signifie que le pays en question peut emprunter sur les marchés de capitaux sans devoir payer des intérêts. Quand ce taux est négatif, le pays en question doit rembourser moins que la somme empruntée. Et quand il est positif (ce qui est, rappelons-le, la norme historique) le pays qui emprunte doit payer des intérêts à ses créanciers.

Jean-David Haddad

Auteur de « L’économie? rien de plus simple »

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