STAGFLATION : Un mot presque oublié…

   La stagflation est un risque a prendre en considération pour les deux prochaines années et même après. Par définition, la stagflation est une situation de stagnation économique avec une tendance à la récession ajouté à une pression plus élevée sur les prix. Nous faisons face à ce risque aujourd’hui qui pourrait s’accroître sur cette décennie.

Un aperçu économique…

La stagflation peut être assimilée à l’une des pires manifestations des réajustements économiques dans le temps. Elle implique une situation de tension extrêmes due à la hausse des prix (baisse du pouvoir d’achat) et au ralentissement économique (baisse de la solvabilité, des bénéfices, etc…).  Une situation de stagflation peut être assimilée à un chômage relativement élevé et à une impossibilité de satisfaire la demande mondiale comme il se doit. Cette impossibilité de satisfaire la demande entraîne généralement une contraction des bénéfices des entreprises.

Historiquement, on peut identifier le choc pétrolier de 1973 comme une période de stagflation. De plus, cela a été en partie le cas dans les années 1940 et 1960 dans certains pays. À cette époque, la tendance à long terme sur les prix était haussière. Par conséquent, un ralentissement économique était un signal clair de stagflation. La conclusion est que la stagflation peut survenir… 

1/ Dans un boom économique de long terme (après la Seconde Guerre mondiale jusqu’aux années 1970) où les pénuries provoquent de l’inflation et de l’arrêt économique.

2/ Ou, au contraire, la stagflation peut apparaître dans le cas d’une stagnation économique à long terme, provoquant des pénuries. Nous faisons plutôt face à ce deuxième risque aujourd’hui.

Depuis 40 ans (des années 1980 aux années 2020), nous sommes dans une situation de désinflation. Nous avons oublié le risque de stagflation. La stagflation est souvent favorable au prix des matières premières. Cependant, ce n’est pas un réel avantage pour des actifs comme les actions (tensions sur les bénéfices) ou les obligations (tensions sociales et solvabilité) 

Pourquoi la stagflation aujourd’hui ?

Nous devons souligner deux dynamiques dans notre économie mondiale en 2020 :

1/ Le choc économique a été (et est) soutenu par des milliards de dollars de dette. Cela implique des taux d’intérêt plus bas sur le court terme grâce aux actions des banques centrales et un endettement plus élevé. Le fait est que la hausse de l’endettement diminue la croissance potentielle. Si l’on y ajoute la démographie, et l’évolution possible de la productivité, une stagnation économique (hors effet rebond) est inévitable pour les années à venir [Voir mon article à ce sujet]. Actuellement, la croissance potentielle se rapproche dangereusement de zéro pour des territoires comme l’Europe ou le Japon pour cette décennie.

2/ La hausse des coûts et le déclin du secteur primaire. La menace sanitaire impliquait une perte de productivité due à des mesures pénalisant la production. C’est un premier argument à court terme en faveur du risque inflationniste. Ensuite, nous devons identifier la confiance. Les gouvernements recherchent la sécurité en créant la confusion et l’instabilité sociale, ce qui peut constituer une poussée inflationniste profonde si elle s’amplifie en 2021 et 2022. Et puis on a un argument de long terme en raison des difficultés majeures du secteur primaire. Dans mon article pour RocheGrup, j’ai montré comment des tensions économiques réelles peuvent « mal » finir pour des secteurs comme l’agriculture ou les matières premières. Cette crise est une crise de l’offre, et par conséquent, une crise qui peut éventuellement se prolonger en pénurie … Le contexte est déjà favorable depuis quelques années.

La stagflation est une vraie perspective économique à prendre en compte. Il n’y aura pas de boom économique pour les raisons que nous connaissons. L’instabilité des prix semble logique qu’il s’agisse d’une reprise économique ou, au contraire, d’un effondrement économique.

La stagflation est une caractéristique fondamentale des réajustements économiques. Si ce risque apparaît dans cette décennie, il sera un facteur en faveur d’une nouvelle tendance économique à très long terme en contrepartie des 40 dernières années (baisse des taux, baisse de l’inflation, hausse de l’endettement, etc…).

Par Thomas Andrieu.

Auteur de « 2021, Prémices de l’effondrement« .

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