Relance économique : le risque d’une récession empire… Par T.Andrieu.

C’est acté : la récession en 2020 sera la pire récession que le monde a connu depuis la Grande Dépression des années 1870 en terme de pays touchés par la récession. Là encore, la France compte dans les champions du monde !

https://www.podcastjournal.net/photo/art/grande/47157066-37414453.jpg?v=1591976541

La France, l’Italie ou le Royaume-Uni comptent dans les pays allant connaitre les pires récessions attendues par l’OCDE. Le Japon et les États-Unis maintiendraient une chute limitée de leur PIB, de l’ordre de 6,5% pour les États-Unis et 6% pour le Japon. Cela participe par ailleurs à renforcer le caractère refuge du dollar et du Yen qui ont bénéficié des récentes décisions de la FED en matière de taux.

Cette récession est probablement, sauf deuxième phase de crise (retour de l’épidémie, overdose de risque sur le crédit…), une récession éclair et extrêmement intense. Pour la France, cette crise est au moins 4 fois supérieure à celle de 2008. Il faut s’attendre à une forte instabilité immédiate en matière de prix, de confiance, d’inégalités, de tensions politiques, idéologiques et sociales. Jamais l’économie n’a été soumise à un changement d’humeur aussi intense, tant pour la crise que pour la reprise.

LE RISQUE D’UNE RÉCESSION PAS ENTIÈREMENT TERMINÉE…

Premièrement, se pose la question de la relance. La relance cette fois-ci n’aura pas de pays moteur comme l’a annoncé l’OCDE. Nous devrions assister à une reprise nette du secteur privé pour l’année prochaine, sauf manifestation du risque public. Il faut également considérer une reprise plus lente de l’activité dans certains secteurs, qui se fera très probablement sur quelques années. La relance risque par ailleurs de constituer un effet multiplicateur à l’inflation, qui de toutes évidences, serait bénéfique pour de nombreuses dettes mais absolument pas pour leur coût : les taux. La question des taux risque d’être au cœur du débat jusqu’au moins en 2022.

À cela, s’ajoute la reprise publique qui sera bien plus lente pour revenir sur la santé budgétaire d’avant crise… 10 à 15 ans !… D’ici là, il y aura un autre ralentissement, peut-être même provoqué par la mauvaise santé budgétaire de nombreux pays qui apparaîtra au grand jour quand des politiques monétaires hyper-expansionnistes ne seront plus justifiées par l’urgence.

On ne retournera pas ici sur l’importance d’une récession dans le processus économique. Le problème, c’est que les politiques prolongées et graduelles de soutien envers la demande de capitaux, les politiques de relance administrées par les États et la question du surendettement ne font que s’amplifier. Si l’économie repartira, elle en repartira d’autant plus faible… Et une économie qui ne repart pas sur des bases solides ne repartira jamais durablement !

Là encore, comme j’en ai parlé dans mon livre « 2021, Prémices de l’effondrement« , on ne résout pas un problème économique sans amplifier le prochain problème. Résoudre un problème revient simplement à en créer un autre : ce sera probablement celui de la dette au sens large. La prochaine phase de risque économique étant beaucoup plus proche temporellement que la dernière crise.

Par Thomas Andrieu.

Auteur de « 2021, Prémices de l’effondrement » et rédacteur sur boursikoter.com

Ne passez pas à coté de nos prochaines actualités économiques, inscrivez-vous à notre newsletter

Soyez le premier à commenter !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *