Ralentissement économique droit devant ! – Par Thomas Andrieu.

CYCLE DE 18 MOIS

La récession s’est déclenchée avant même la multiplication des confinements comme au Japon. Il fallait s’attendre, confinements ou pas, à une récession en 2020. L’apparition du virus en parfaite synchronisation au cycle de confiance économique a précipité la récession qui cette fois-ci, est apparue sur décision politique. Toujours en synchronisation au cycle économique, j’ai mis en avant en janvier 2020 un cycle classique de conséquences à 18 mois, ce qui nous mène au second semestre 2021 au moins. La récession est d’une telle ampleur qu’elle dépasse de loin celle de 2008-2009. La fameuse reprise en « V » s’est confirmée à court terme, ce qui achève une première phase de récession. Mais il serait utopique de parler de reprise en « V » pour 2021 voire même jusqu’au début 2022. L’économie est trop fragile pour repartir violement sur la prochaine dizaine de mois. Une reprise en « V » à moyen terme relèverait du miracle keynésien.

Il faut s’attendre à une seconde phase de ralentissement économique, qui peut même tourner à la récession. Et cela s’explique par plusieurs facteurs :

1/La contraction de l’investissement et la hausse de l’endettement des entreprises. Les crédits aux entreprises dépassent même leur niveaux de 2008 pour la zone euro alors que l’endettement des entreprises atteint de nouveaux sommets. L’investissement sera systématiquement impacté au vu de la dégradation de la santé économique des entreprises.

2/La hausse du chômage à venir, principalement dans les secteurs du tourisme ou de l’aéronautique par exemple. Le chômage devrait être au cœur de l’actualité économique pendant encore au moins 1 an.

3/La multiplication des défauts pour les ménages, les entreprises, voire à terme les États.

On notera également le positionnement des indicateurs classiques : la reprise industrielle est lente, les taux obligataires restent bas, le taux de chômage (comme aux USA) reste historiquement très élevé, le taux d’épargne reste élevé et fait face aux incertitudes (principalement autour du chômage et de la stagnation des salaires nominaux)…

Le risque devrait culminer en 2022. Il faut ainsi s’attendre à un nouveau ralentissement économique à cause de (1) la reprise des mesures gouvernementales contre le virus et (2) un contre-coup économique classique face à cette récession extrême. 2021 ne sera probablement pas une bonne année car les pires conséquences pour la population apparaissent généralement en fin de cycle économique. Les tensions politiques et sociales devraient atteindre de nouveaux sommets alors que le contre-coup budgétaire pour les États sera extrême. Dans tous les cas, nous ressortirons de ces années troubles par une fragilisation économique, sociale et politique. La croissance potentielle est durablement impactée, ce qui laisse présager une forte stagnation économique de très long terme ajouté à l’avènement d’une économie de plus en plus administrée. Nous sommes face à un nouveau modèle économique qui ne sera pas sans conséquences sur la démocratie et le capitalisme. 2021 sera donc bien un retournement conjoncturel majeur !

En une phrase : nous respectons le scénario parfait ! Scénario que j’ai décris en 2019 à l’écriture de mon livre « 2021, prémices de l’effondrement« .

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3 réponses dans “Ralentissement économique droit devant ! – Par Thomas Andrieu.

  1. Avatarpascaltrichettrading

    Partons de l’hypothèse que ces cycles récessifs soient vérifiés au niveau économique pour 2021 ou 2022, il me semble à mon humble avis que la bourse va l’anticiper et pourrait avant même cette fin 2020 sonner le glas. Deux krachs en 2020 : une hypothèse très sérieuse selon moi … à tout bon lecteur.

    1. Thomas AndrieuThomas Andrieu

      Disons qu’un second ralentissement économique est inévitable, c’est structurel. Maintenant personne ne peut réellement parier sur l’intensité de celui-ci. On peut juste affirmer qu’il aura des conséquences sur la croissance potentielle et la solvabilité. En tous cas une chose est certaine : tous les pays ne sortiront pas tous de la crise et certains resteront probablement sur le carreau. C’est ce qu’il faut surveiller. Par conséquent, les marchés peuvent en effet anticiper ces risques dans quelques mois, ce n’est pas impossible.
      N’oublions pas dans tout cela que l’Europe risque gros, pour ne pas écrire très gros. La croissance estimée en 2021, si elle se confirme et compense de loin le ralentissement à venir, sera trop importante pour se faire sans hausse des taux. Alors attention à ne pas revivre 1931 !

      Tant que 2022 n’aura pas été atteint, la hausse des marchés sera très infondée et incertaine d’un point fondamental. Ce qui peut laisser place à des signes noirs :), que le marché soit haussier ou baissier pour les prochaines dizaines de mois.

      En tous cas, très bonne approche de votre part !

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