Projet de relance européen : l’enjeu économique du siècle ?

Jusqu’ici, les politiques mises en place par la quasi-totalité des États ont pour objectif de maintenir la stabilité économique via une explosion du déficit. Mais ces politiques, qui portent les dépenses publiques à plus de 60% du PIB en 2020 pour la France, ne sont pas miracles. La baisse de l’activité est bien réelle et ne sera pas sans conséquence pour le reste de cette année 2020.

À cette politique de maintien, s’ajoute le projet d’une relance économique. Le problème devient évidement celui du financement et de la dette publique et de son remboursement à long terme.

UNE RELANCE EFFICACE ?

Alors que début avril, l’activité est tombée de 36% d’après l’Insee, les problèmes de trésorerie qui en ont découlé, ont engagé le processus tant attendu de récession et l’ensemble des indicateurs sont partis à la baisse. Cette perte d’activité phénoménale, pendant le confinement, et après, est la cause d’une hausse astronomique des déficits publics. Mais ces déficits ne servent pour le moment pas à une relance directe de l’économie, et permettent de contenir difficilement la gravité de la situation.

La Commission européenne a annoncé présenter ses mesures de soutien le 27 mai. La présidente, Ursula von der Leyen, a annoncé que l’objectif était de mobiliser au moins 1 000 milliards d’euros. Le projet de résolution met en avant un plan possible de 2 000 milliards, se rapprochant de celui des États-Unis. Ces mesures de relance feraient suite aux mesures déjà prises pour un montant de l’ordre de 540 milliards d’euros au niveau européen. De son côté, le patronat français espère une relance d’au moins 5% du PIB par an jusqu’en 2023.

Un tel besoin de financement ne sera probablement pas sans conséquences sur les taux, la solvabilité des agents, l’investissement privé, voire même la consommation. L’abus des déficits publics de ces dernières années rend bien moins efficace, voire contre-productif sur certains points, la théorie complète de la relance économique. Ce qui explique paradoxalement ces volumes de capitaux engagés pour obtenir une relance équivalente.

En conséquence, l’endettement public arrive lui-aussi sur ses niveaux historiques, ce qui a de quoi inquiéter quant à l’évolution du service de la dette. La situation actuelle est extrêmement délicate, car la hausse de la pression fiscale qui menace ces prochaines années sera aussi impressionnante que les dépenses actuelles. Mais la question de la pression fiscale ne serait que la question la moins inquiétante au problème de cette relance. Car en effet, le problème est que cette relance se ferait au prix d’une fragilisation évidente du secteur public comme jamais avant, tant envers les créanciers dans l’immédiat, que les contribuables plus tard.

C’est bien plus qu’une question de relance, c’est une question de modèle économique (et donc de modèle politique et social). Nous sommes à point majeur de l’Histoire économique de ce siècle. Si ce n’est pas un point majeur de l’Histoire tout court.

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Par Thomas Andrieu.

Auteur de « 2021, Prémices de l’effondrement »

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