Point CAC40 exclusif avec Romain Daubry, membre de la cellule infos d’experts de Bourse Direct.

   Romain Daubry est membre de la cellule Infos d’Experts de Bourse Direct. Il nous offre une analyse exclusive des marchés financiers :

Thomas.A : Avant de revenir sur votre analyse des marchés, j’aimerais revenir sur votre parcours.

Romain.D : Sur les marchés boursiers depuis 1999, je suis devenu négociateur sur les marchés dérivés d’Euronext en 2002. Je suis en charge du développement de cette activité chez Bourse Direct depuis 2008. J’ai validé le CFTe 2 en 2015 et ai immédiatement pu exploiter ma passion pour l’analyse graphique et technique en intégrant l’Equipe Infos d’Experts.

Thomas.A : Avec ce contexte inédit de crise, avez-vous constaté une modification du comportement des investisseurs ? Avez-vous quelques statistiques éventuelles chez Bourse Direct ?

Romain.D : Oui. Beaucoup de clients ont réactivé leurs comptes et comme l’a confirmé  l’AMF dans son étude du 27 avril dernier, le nombre d’investisseurs particuliers a énormément augmenté (+ 150 000 entre le 24 février et le 3 avril). Cela s’est évidemment traduit par une forte augmentation de l’activité de Bourse Direct, avec trois fois plus de comptes ouverts à période équivalente et deux fois plus d’ordres exécutés.
Ce qui est différent, c’est la réactivité des nouveaux entrants mais aussi leur âge et leur profil. Généralement, la majorité des investisseurs particuliers arrive tardivement sur les marchés boursiers, lorsqu’une grande partie de la hausse a eu lieu. Par ailleurs, et c’est une excellente nouvelle, alors que nous travaillons beaucoup pour démocratiser l’accès aux marchés boursiers, il y a parmi eux, de nombreux millennials, ce qui n’était pas le profil le plus fréquent en France.
Enfin, comme c’est souvent le cas, une partie d’entre eux est venu tenter de faire « un gros coup » ou à la recherche de sensations fortes. Mais une proportion significative de ces nouveaux entrants, a profité de cette baisse brutale pour concrétiser un projet, avec une vraie stratégie. Leurs questions sont pertinentes et attestent d’une démarche réfléchie.

Thomas.A : Avez-vous un objectif particulier pour les prochains mois sur le CAC40 ?

Romain.D : Sur les prochains mois c’est très large ! Le marché est très nerveux et les mouvements accélèrent…
L’analyse graphique n’a pas pour ambition de prévoir l’avenir, même si les résultats sont parfois étonnement prédictifs. Il s’agit simplement de mettre en place des scénarios avec des probabilités, afin de créer une feuille de route et donc de pouvoir appliquer une stratégie en fonction du comportement des prix et donc de la psychologie des foules. Parenthèse faite, à court terme, le risque d’un repli est important mais il est très anticipé par les investisseurs, encore marqués par le plongeon du début d’année, comme en témoigne l’important niveau de couverture dans les portefeuilles. On surveillera, donc la zone 4700/4775 dont la rupture indiquerait une faiblesse.
A moyen terme, donc à horizon moins d’un an, les marchés devraient demeurer volatiles mais haussiers. Sur l’Indice Cac40, on surveillera les résistances majeures à 5170 puis à 5670. A l’inverse, la rupture de 4500 remettrait significativement le scénario haussier en cause.

A plus long terme, le comportement des investisseurs au cours des derniers mois et l’analyse des cycles (nos analyses convergent me semble-t-il) laissent à penser que nous avons assisté en février et mars dernier, à la répétition d’un mouvement baissier encore plus important. Les Banques Centrales soutiennent les marchés dans des proportions gigantesques et les opérateurs ont prouvé qu’ils étaient de plus en plus dépendants aux liquidités injectées. Nous ne sommes pas actuellement dans une configuration d’euphorie, ni de bulle, mais on sera très vigilants entre fin 2021 et mi 2022…

Thomas.A : Quels sont les grands éléments à surveiller à court et moyen terme ?

Romain.D : Pour le moment, l’élément au cœur de l’attention des investisseurs est évidemment l’évolution de la pandémie et de ses impacts sur l’économie. Les opérateurs vont donc être particulièrement attentifs aux résultats trimestriels annoncés en juillet par les entreprises américaines et surtout à leurs perspectives. Ensuite, le regain de tension entre Etats-Unis et Chine est une source de risque majeure, notamment à l’approche des élections américaines, qui est aussi un facteur déterminant pour les mois à venir. De façon générale, en plus des indicateurs traditionnels, on tentera de mesurer la psychologie ambiante, grâce à l’observation des prix, mais aussi aux outils de mesure du consensus, tels que le ratio put/call.

Thomas.A : Quels sont les secteurs qui résistent le mieux à la crise ? Quels sont ceux qui peuvent présenter un potentiel intéressant ?

Romain.D : Les secteurs technologiques, financiers et de la santé au sens large, avec un  regain d’intérêt important pour les valeurs biotechnologiques et les medtech. De façon générale, les secteurs défensifs sont forts actuellement. Ceci dit, pour progresser, les indices vont avoir besoin de relais; or le contexte s’annonce difficile pour les valeurs cycliques et l’aviation mais on surveillera les matières premières et les valeurs liées.

Thomas.A : Un grand merci pour cette interview !

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Interview de Romain Daubry réalisée par Thomas Andrieu.

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