« Plusieurs étapes peuvent survenir […] avec des bulles qui éclatent, des faillites bancaires et la ponction des épargnants » – Philippe Herlin, économiste et essayiste.

Philippe Herlin est l’auteur de nombreux essais aux éditions Eyrolles. Fervent défenseur des cryptos monnaies et des valeurs refuges au sens large, Philippe Herlin nous explique pourquoi avec ses perspectives économiques :

Thomas.A : Avant de revenir sur vos perspectives, pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Philippe.H : Je m’intéresse principalement à la question de la monnaie, sous toutes ses formes. J’ai écrit sur l’or, le bitcoin, la dette, l’inflation et le pouvoir d’achat, le système bancaire et financier. Je me reconnais deux sources d’inspiration : l’école autrichienne (Hayek, Rothbard…) et les nouvelles compréhensions du risque inaugurées par Benoît Mandelbrot et Nassim Nicholas Taleb (le « Cygne noir »). Par ailleurs, je me passionne aussi pour la philosophie et je viens de publier « La Renaissance de l’Occident » (pour résumer : Leo Strauss contre Heidegger).

 

Thomas.A : Quelles sont vos perspectives économiques ? Avez-vous un scénario particulier pour les mois/années à venir ?

Philippe.H : Je n’ai pas tant un scénario qu’une méthodologie, un cadre d’analyse, hérité des économistes autrichiens : la planche à billets, l’explosion de la dette, un jour ou l’autre ça se termine très mal, par la perte de confiance dans la monnaie, qui se matérialise dans l’hyperinflation. Maintenant, quant à donner une date… Plusieurs étapes peuvent survenir avant, avec des bulles qui éclatent, des faillites bancaires et la ponction des comptes des épargnants, comme la directive européenne BRRD le permet désormais. La crise du coronavirus a accéléré cette tendance mortifère (dette, planche à billets, taux zéro, croissance atone) qui n’est tout simplement pas viable.

 

Thomas.A : Quels actifs conseillez-vous en cette période qui demeure pour beaucoup très incertaine ?

Philippe.H : Depuis plusieurs années je conseille l’or (physique, pas des ETF) et le bitcoin. Pourquoi ? Parce qu’ils sont en dehors du système monétaire et du système bancaire, ceux-ci peuvent donc s’effondrer, ils surnageront sans difficulté. Ils ont fait leurs preuves, l’or en premier bien sûr, depuis plusieurs millénaires, et le bitcoin également, dont la sécurité n’a jamais été prise en défaut depuis sa première transaction, le 3 janvier 2009. Enfin ce sont des biens rares, que l’on ne peut pas imprimer comme des dollars ou des euros, car l’extraction d’or est relativement stable d’une année sur l’autre, tandis que le nombre de bitcoins sera limité à 21 millions (nous en sommes à 18,4). On peut étendre le raisonnement aux actifs réels en général (immobilier, œuvres d’art, voitures de collection…), qui possèdent une valeur intrinsèque, mais ces secteurs nécessitent une vraie expertise, chaque bien est unique, d’où la difficulté.

 

Thomas.A : On rappellera que vous êtes auteur de « L’or, un placement d’avenir » et « La révolution du Bitcoin et des monnaies complémentaires ». D’où vient cet attachement pour les valeurs refuges et les crypto-monnaies ?

Philippe.H : Ce qui m’intéresse dans l’or, qui est tout sauf une « relique barbare », et dans le bitcoin, les cryptomonnaies, la « DeFi » (finance décentralisée), c’est qu’ils nous obligent à repenser la manière dont la monnaie fonctionne, à se demander pourquoi des banques, pourquoi des taux d’intérêt, pourquoi des banques centrales, pourquoi des crises, quelle sécurité, quelle résilience, etc. C’est une opportunité historique pour mieux comprendre ce qui est à la fois si simple et si mystérieux : la monnaie.

 

Thomas.A : Un grand merci pour cette interview !

Pour suivre Philippe Herlin :

http://www.philippeherlin.com/ / Twitter @philippeherlin 

 

Interview de Philippe Herlin réalisée par Thomas Andrieu.

Les Pros de l’Éco.

www.lesprosdeleco.com

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