Obligation : définition

En bourse, une entreprise vous propose d’acheter une part infinitésimale de son capital, pour que vous soyez dans l’aventure : c’est une action. Ce sont donc des titres de propriété qui sont vendus en bourse, qui vous donnent le droit d’aller aux assemblées générales des sociétés dont vous êtes actionnaire.

Mais parfois, une entreprise, pour se financer, n’aura pas spécialement envie de faire entrer beaucoup de monde au capital ! Parfois, une entreprise préfère tout simplement emprunter.

Mais il a la possibilité d’emprunter sur le marché. Auprès de gens comme vous et moi, mais aussi auprès de fonds. L’entreprise émet alors non pas une action (titre de propriété), mais une obligation (titre de créance). Vous avez sûrement entendu parler des obligations… Cela s’appelle ainsi, car l’entreprise qui émet une obligation a des obligations envers ceux qui la souscrivent, tout simplement ! Obligation de rembourser la somme empruntée, mais aussi obligation de servir un intérêt chaque année.

Le taux d’intérêt proposé va dépendre de plusieurs choses :

– Le risque intrinsèque de l’entreprise. Il est évident qu’une grande et vieille entreprise comme Michelin n’aura pas besoin, pour attirer du monde, de servir un taux d’intérêt gigantesque ! Alors que la petite société biotechnologique belge, totalement inconnue du public, devra elle ramer avec des taux élevés pour trouver son public !

– Les taux d’intérêt monétaires, donc sans risque (le livret A et tout le reste). Vu qu’un placement obligataire est plus risqué qu’un livret A, il faudra bien récompenser le risque par un taux d’intérêt plus élevé que celui du livret A !

– La durée du placement. Plus celle-ci est longue avant le remboursement, plus il faudra rémunérer votre patience chaque année !

Maintenant que vous avez compris qu’une entreprise peut se financer de cette manière, sachez que les états aussi peuvent se financer de cette manière. Contraire­ment aux entreprises, les états ne peuvent pas se financer en émettant des actions car ils n’ont pas de capital ! Vous ne pouvez pas être propriétaire d’une par­tie de l’Italie par exemple ! Donc, pour se financer, les États procèdent essentiellement ainsi. Et comme c’est facile d’émettre des obligations, c’est de cette manière que les États qui en veulent toujours plus s’endettent ! Les États émettent donc des obligations et ce sont des par­ticuliers, des entreprises, des fonds, des banques, mais aussi d’autres états qui y souscrivent. Les obligations en question sont cotées sur le marché obligataire, et leur cours varie chaque jour en fonction de la santé de l’Etat en question.

Supposons que la France ait émis 1 milliard d’euros d’obligations à un taux de 1% par an. Si la France va mal, ou se met à faire peur (cela serait le cas si un parti extrémiste populiste arrive au pouvoir), le cours de son obligation va baisser, et donc le taux d’intérêt va monter. Si le cours de l’obligation est divisé par 2, le taux d’intérêt sera alors de 2% au lieu de 1%. Et les obligations suivantes seront émises avec un taux de l’ordre de 2%.

La logique est toujours la même qu’en bourse : plus un état rassure, moins il a besoin de servir un gros taux d’intérêt. A l’inverse, plus il fait peur, plus le taux d’intérêt en question monte.

La France émet différents types d’obligations, mais la plus connue est l’ OAT France 10 ans. La France émet régulièrement de telles obligations pour se financer.

Actuellement les taux de ces obligations sont autour de 0% mais ils pourraient remonter dans les années qui viennent si la France venait à avoir des difficultés à les rembourser.

Jean-David Haddad

Extrait du livre « l’économie, rien de plus simple! »

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