L’effet d’éviction, ou quand l’Etat grignote l’économie.

  Par définition, l’effet d’éviction se traduit par l’extension des activités du secteur public.

« On parlera alors d’éviction directe quand l’État induit une contraction des dépenses privées. Par exemple, quand l’État décide d’une hausse de l’impôt, celui-ci diminue directement le revenu disponible. Cette hausse a alors un impact direct sur la croissance économique (ralentissement de la consommation des ménages…).

De même, on parlera d’éviction indirecte lorsque l’État emprunte. Quand l’État emprunte, les capitaux empruntés ne sont plus disponibles pour financer les investissements des entreprises privées. Une extension trop importante des activités du secteur public par la dette, mais aussi par l’impôt, traduira une situation de sous-investissement. […] »

Cette éviction indirecte peut également se subdiviser en deux catégories :

  • L’effet de prix : par son emprunt, l’État va diminuer les liquidités sur les marchés, ce qui peut participer à faire monter les taux. Effet qui devient alors défavorable à l’État.
  • L’effet de volume : les emprunts réalisés par l’État sont de l’investissement privé en moins. Ce que les investisseurs prêtent à l’État ne sera pas prêté aux entreprises pour financer la croissance. Impacte sur la croissance future qui traduira une mise sous tension des finances publiques…

« […]Si l’on va plus loin dans cette idée, il est généralement admis que l’État est nécessaire. Nécessaire pour organiser (État gendarme…) et représenter (accords, Traités…) la nation. Dans ce cas de figure, l’État aide la nation à produire des biens et services. Si maintenant cet État décide d’aider la nation (pensions de retraite, chômage…), il devra automatiquement étendre l’activité publique. Extension qui n’est faisable qu’avec les moyens du secteur privé. Ainsi, l’État va généralement emprunter (baisse de l’investissement productif), et taxer (baisse de la consommation).

En plus de cela, si l’État embauche par exemple des fonctionnaires grâce aux emprunts et/ou aux taxes, il va diminuer le nombre de travailleurs sur le secteur privé (ce qui fait augmenter les salaires et donc les coûts). Ainsi, la baisse de l’activité privée se fait au profit de l’activité publique.

L’effet d’éviction est un des arguments majeur utilisé par les libéraux contre l’extension des activités publiques. Dans cette logique, rappelons qu’au-delà des fonctions régaliennes, l’État ne produit que très peu. La hausse de l’activité publique induit donc une chute des rendements, de la production… Au final, cela conduit à une chute drastique de l’attractivité à l’internationale (baisse de la valeur de la monnaie…) mais aussi à une baisse des investissements étrangers (de l’entrée des capitaux généralement). La nation se retrouve alors avec une diminution du progrès de son niveau de vie, une diminution de son pouvoir d’achat, voire même une hausse du chômage… […] »

Parties extraites de « 2021, Prémices de l’effondrement »

Par Thomas Andrieu

https://jdheditions.fr/produit/2021-premices-de-leffondrement/

Voir aussi notre article sur la croissance économique et le PIB  :

https://www.lesprosdeleco.com/pib-definition/

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