La demande mondiale de pétrole serait à son apogée historique !

   La major pétrolière britannique British Petroleum prévoit dans son rapport annuel que la demande de pétrole mondiale pourrait rester stable. Au niveau de 100M de barils par jour pour les deux prochaines décennies avant d’arriver potentiellement à 95M/j en 2050. 

QUE PENSER ?

   Il est intéressant de noter dans l’étude de l’élasticité des prix du pétrole que les prix varient fortement quand les volumes restent stables. Cela s’explique par une décorrélation entre le cycle économique et le cycle d’investissement sur le pétrole. Si cette prévisions s’avère réaliste, cela confirmerait le risque de « choc pétrolier » sur les prochaines années (voir mon article). 

   Au-delà de cela, cette prévision confirmerait le fait que nous sommes dans l’apogée de l’ère du pétrole. Des investissements dans les secteurs de l’électrique ou de l’hydrogène de la part des entreprises et des États sont en opposition directe avec la viabilité des activités pétrolières. 

À MOYEN TERME, L’INCERTITUDE PÈSE…

   Comme j’y suis revenu dans mon article prévisionnel, les jours autour du 11 septembre ont effectivement marqué un revirement sur les perspectives du pétrole, qui revient ainsi dans l’actualité financière. Les prix ont d’abord chuté de plus de 12% sur base de baisse des prévisions de demande ses deux dernières semaines. L’Opep a notamment revu sa prévision de baisse de la demande à un niveau 9,46 mb/j alors que le rebond 2021 estimé de la demande serait plus faible, de seulement 6,62 mb/j. L’AIE (Agence Internationale de l’Énergie) a élégamment revu ses prévisions à la baisse. Les incertitudes économiques pèsent très lourdement sur pétrole à moyen terme. 

   Cependant, le point du 11/09 semble agir comme un retournement haussier, du moins à court terme. Les données sur la production industrielle en Chine ainsi que l’arrêt de la production dans une partie du Golfe du Mexique (ouragan Sally) redonnent des couleurs au WTI, qui revient vers les 39$. On notera son prix négatif au printemps et son plus haut à 43,3$ fin août. 

Enfin, on notera que cette faiblesse des prix générale est susceptible de provoquer des déséquilibres dans les flux financiers internationaux. Les pays du Golfe ou les pays fortement dépendant du pétrole devraient rester très dépendant de la reprise des principales économies mondiales. N’oublions pas que certains secteurs comme l’aérien restent très fortement impactés et ont vu la quasi-totalité de leur activité lourdement réduite. Il faudra bien plus que 4 ou 5 ans pour récupérer. D’ici là, il y aura d’autres risques économiques. 

 

Par Thomas Andrieu.

Auteur de « 2021, Prémices de l’effondrement« .

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