FACE AU MONDE D’APRES : EXTRAITS DU LIVRE DE JD HADDAD

Pour les lecteurs des PROS DE L’ECO, nous livrons aujourd’hui quelques extraits de l’essai de prospective socio-économique de Jean-David Haddad « Face au monde d’après », sorti il y a désormais un mois.
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ECONOMIE INTERNATIONALE
« De nombreuses entreprises françaises, en raison de coûts de main d’œuvre très élevés en France, ont délocalisé leur production en Chine, et en particulier à Wuhan. Cela a par exemple posé un véritable problème au niveau de l’approvisionnement en masques de protection. C’est le cas, citons-le, de la PME française Delta Plus Group qui fabrique de nombreux équipements de protection… dont des masques. Une partie du retard de la France en termes de disponibilité des masques au printemps 2020 s’est expliquée par le fait que la production soit localisée en Chine.
Le problème des masques de protection restera gravé comme un des principaux problèmes rencontrés par la France face à la pandémie. Et la mondialisation a été montrée du doigt… comble du cynisme politique (ou pas ?), par un Président de la République pro-mondialisation !
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« Cependant, la relocalisation de la production, l’affirmation des souverainetés nationales, seront une sorte de trompe-l’œil, un mirage souverainiste, car la mondialisation des discours, des idées, et des doctrines, va quant à elle se poursuivre par le biais d’institutions supranationales craintes et respectées comme le FMI ou l’OMS. Et ne parlons pas de l’ONU ! Ou du G7 ! Ou de l’OTAN, organisme moins présent sur la scène internationale depuis quelques années, mais toujours d’une grande activité. D’ailleurs, durant la crise du coronavirus, l’OMS a été une boussole permanente pour les scientifiques, les dirigeants et les médias. Pourtant, le président de l’OMS, du moins celui en place au moment où sont écrites ces lignes, n’est même pas médecin ! Le « gouvernement mondial » qui ne dira jamais son nom, va continuer subrepticement à se mettre en place en dépit des souverainismes visibles à l’œil nu. Les dirigeants des grandes puissances, malgré les tensions qui s’installeront entre certains, continueront, par le biais de ces institutions, à former une sorte de cartel. Le G7, le G20, seront toujours aussi actifs !
Les marchés financiers seront plus que jamais les carrefours du financement des états car la crise économique qui commence en 2020 ira de mal en pis, et que le financement passe obligatoirement par les marchés internationaux de capitaux. Aussi bien le financement des états par le biais des obligations, que celui des grandes entreprises, par le biais des actions et des obligations, convertibles ou pas. Cela sera d’autant plus vrai qu’en période de crise les banques réduisent le financement.
Les institutions internationales technocratiques comme le FMI ou la BCE seront les nobles chevaliers venant à la rescousse des états les plus faibles et des défaillants. Ce qui renforcera le pouvoir de ces institutions. Les liens entre états seront assurément moins commerciaux, éventuellement moins productifs, mais probablement encore plus financiers. « 


ECOLOGIE
« La crise sanitaire du printemps 2020 a permis aux gouvernements de s’imposer de manière autoritaire. Pour cause de santé publique, pour cause d’urgence sanitaire, plusieurs pays européens ont basculé dans l’autoritarisme politique, avec, rappelons-le, un fort soutien de l’opinion publique.
Vu que la trajectoire empruntée depuis une bonne dizaine d’années était celle de réglementations écologiques de plus en plus poussées, il est facile, désormais, d’imaginer que dans un futur proche, on interdira totalement de circuler en voiture lors des périodes de pics de pollution, à moins que la dite voiture soit électrique, et encore… Surtout dans les grandes villes, où sont déjà en place des constructions de milliers de pistes cyclables, venant rogner sur la route. On pense à Londres et Paris qui se sont lancées dans ce type de projet mais aussi à des villes secondaires comme Grenoble.
Il est facile également d’imaginer que sous prétexte de santé publique, le confinement, qui a été imposé, le soit à nouveau, sur des créneaux horaires, pour cause de pollution.
Il est facile d’imaginer que le tri des déchets soit obligatoire, et contrôlé par des caméras de surveillance à reconnaissance faciale placées dans les locaux à poubelles ou sur la voirie…
Il est facile d’aller encore plus loin et d’imaginer une police écologique !
Rien, dans l’opinion publique, ni dans la trajectoire prise par les gouvernements, ne laisse suggérer que cela soit impossible. N’oublions pas que le 4 mars 2020, la Commission européenne a annoncé sa volonté d’inscrire l’objectif de neutralité climatique à l’horizon 2050 dans la législation afin de rendre cet objectif contraignant pour tous. Le mot contraignant est fort et il peut laisser sous-entendre une contrainte policière voire militaire.
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RECESSION : CONSEQUENCES
« La récession actuelle va provoquer une déflation massive. Cela est logique : le pays ayant été mis à l’arrêt, il va y avoir de nombreuses faillites, donc moins de production et plus de chômage. Par conséquent moins de revenus. Si on produit moins, et qu’il y a moins de demande du fait d’une baisse de revenus, il y aura moins de tensions sur les prix. Avec une baisse du pouvoir d’achat, les prix peuvent donc baisser. Cette récession déflationniste augmente donc considérablement le poids relatif des dettes dans l’économie comme indiqué plus haut. La déflation pousse également vers un regain d’intérêt immédiat pour l’épargne et la détention de devises (la déflation dévalorise les actifs et valorise la devise). Le taux d’épargne en France, avant la crise, était déjà anormalement élevé… La constitution d’une épargne étant une habitude profondément ancrée dans la société française, cette proportion du revenu qui est épargnée tourne autour de 14% en 2018, alors qu’elle n’est que de 8% aux Etats-Unis. Or, en France l’essentiel de l’épargne est orientée, non pas vers les actions (donc vers les entreprises) comme aux Etats-Unis, mais vers les obligations d’Etat, bien souvent sans que les ménages ne le sachent. Tel est le cas par exemple du livret A… Une épargne orientée vers la création de richesse aux Etats-Unis, et vers l’Etat en France… Voilà qui traduit bien la différence de culture !
Dans un premier temps, la crise sanitaire va donc provoquer une déflation. D’ailleurs les premiers chiffres montrent que les prix n’ont pas augmenté en mars 2020 en France et quasiment pas en avril de la même année. Malgré les tensions sur l’alimentation.
Mais… Attention ! Une inflation nulle avec un PIB en baisse, génère de facto une baisse de pouvoir d’achat, donc une paupérisation.
Une fois que la première partie de la crise sera derrière nous, disons début 2021, la déflation fera progressivement place à de l’inflation.
Pourquoi un si brutal changement de cap ? (…)
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BOURSE
« Plus une crise est sévère, plus la première jambe de rebond après le krach initial est importante en raison des injections de liquidités des banques centrales… D’où la vigueur du rebond constatée en cette fin de printemps 2020.
Quand la phase X1 sera finie, ce qui devrait être le cas en fin d’été, avec un CAC 40 pouvant remonter vers 5500 points… alors, nous entrerons très probablement dans la phase Y qui pourrait amener le CAC 40 assez bas. Une fois que l’euphorie provoquée par les injections de liquidités de la BCE sera finie elle aussi. Ce seraient alors les premiers signes économiques de reprise bien plus molle que prévu qui mettraient le feu aux poudres.
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« Placer sur les géants de l’industrie pharmaceutique, sur les géants de l’industrie hospitalière, a toujours été un bon pari, et pourrait l’être encore, à condition de savoir longtemps, très longtemps conserver ses actions, voire même réinvestir les dividendes distribués.
Les leaders des télécoms, comme Orange, devraient aussi bien s’en tirer. Le confinement leur a été propice, et, bien que ces sociétés investissent lourdement et soient sur des marchés concurrentiels, la baisse des prix des forfaits téléphoniques semble terminée. La hausse prévisible du télétravail va les favoriser.
A l’opposé de la chaine entrepreneuriale, de nombreuses start-up ou tout simplement des PME bien implantées, positionnées sur des domaines comme la décontamination, la surveillance vidéo, les logiciels de télétravail, les services à l’environnement, vont s’affirmer, tant par leur notoriété, que par leur croissance et leur rentabilité. Evidemment, pour investir sur ce genre d’actions, il ne faut pas s’y prendre au hasard. De tels investissements doivent être le fruit d’études et de recherches méthodiques et minutieuses. De tels investissements étant par nature risqués.
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RETRAITE
« Prendre ou pas sa retraite ?
La question va se poser pour beaucoup de personnes de la génération X dans les « années 20 ». En effet, ceux qui sont nés dans les années 60 (début de la génération X, génération qui a suivi celle du baby-boom, déjà à la retraite), vont fêter leur sexagénat au cours de la décennie.
Pour eux, en France du moins, l’âge légal de départ à la retraite est à 62 ans. Partir à l’âge légal ne garantit pas d’obtenir pour autant une pension de retraite à taux plein si les postulants n’ont pas tous les trimestres requis. Cette condition de trimestres est cependant levée dès lors que le départ s’effectue à partir de 67ans, âge du taux plein automatique.
La plupart des français seront tentés par un départ à 67 ans, pour bénéficier de leur pension à taux plein. Seulement, ce calcul n’est peut-être pas le meilleur.
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De nombreuses autres questions sont abordées : dictature, opinion publique, télétravail, économie souterraine, etc

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