Crise des dettes : droit devant ! 8 points à retenir.

Une crise de cette envergure n’est jamais sans conséquences. Le risque de crise des dettes en 2021 sera très probablement supérieur à celui de 2010. Comme j’en ai parlé dans mon livre « 2021, Prémices de l’effondrement« , écrit en 2019, nous pouvons mettre en avant 5 phases de risque, les deux premières étant validées :

Récession > Correction violente des marchés et déflation > Crise des dettes > Crise monétaire > Crise politique et sociale

Voici donc 10 points à retenir pour cette troisième phase qui menace :

1/Un ratio d’endettement autour de 320% du PIB. D’après le FMI en 2019, la France a un endettement de 289% du PIB. Sans hausse de l’endettement, cela pousse le ratio à 305% du PIB. Avec un déficit public (besoin de financement) estimé à 9,1% du PIB en 2020, cela pousse le ratio à 314% du PIB. Comme le secteur public pèse 60% du PIB, on peut estimer que le besoin de financement privé pourrait être autour de 6%. On obtient donc un ratio d’endettement autour de 320% du PIB. Une économie comme celle de la France, déjà très endettée, aurait de lourdes difficultés a assumer les charges et services de ses dettes.

2/ En conséquence, dans ce cas de figure, l’augmentation du ratio d’endettement est de l’ordre de presque +11% ! Hausse sur laquelle je suis déjà revenu en début d’année. Soit un besoin de financement d’environ 750Mds€. Ce besoin de financement représente près de 1/3 du PIB 2020 estimé ! Un tel besoin de financement est rarement soutenable. Et même si ce besoin est soutenable, il ne sera pas sans conséquences sur les taux et la solvabilité.

3/Les dettes les plus insolvables sont les obligations d’État. Et c’est précisément sur ces actifs que le risque est le plus élevé. À savoir que l’endettement public français augmentera probablement de 15% environ. Ce qui augmente également le service de la dette, alors qu’en 2019, le montant dédié à l’amortissement de la dette représentait presque 1/3 des dépenses.

4/La déflation augmente le poids des dettes. Une récession est généralement marquée par la déflation. C’est le cas de cette crise qui a immédiatement vu une déflation des actifs financiers de plusieurs dizaines de pourcents. La récession traduit également une diminution de la demande, ce qui pousse les prix à la baisse. Une déflation augmente donc le poids des dettes car les revenus diminuent. Les dettes sont donc moins soutenables.

5/Une hausse de l’épargne. Qui dit hausse de l’épargne, dit baisse de la consommation et de l’activité économique, ce qui augmente l’insolvabilité des agents. Le déconfinement risque très certainement de marquer un taux d’épargne plus élevé qu’avant le confinement. On notera également le risque de crise de l’épargne en cas de crise des dettes (une partie de l’épargne étant placée sur des obligations d’Etat).

6/L’effondrement du commerce mondial. Cette baisse du commerce mondial pourrait atteindre jusqu’à -30% d’après l’OMC. Cela risque de mettre a mal de nombreux pays dont la croissance dépend pour beaucoup de la dynamique externe. La Chine en tête de liste, et moteur de la croissance mondiale malgré un fort endettement, a de fortes chances de connaître des difficultés à partir de l’année prochaine. À cela, s’ajoutent les volontés politiques de relocalisations, qui mettent à mal les pays producteurs et augmentent un investissement local qui devient très risqué.

7/L’effondrement des prix du pétrole. Au-delà de mettre en péril les dettes des compagnies pétrolières, il fait fondre les recettes des pays rentiers du pétrole. De nombreux pays comme le Venezuela (déjà touché par l’Hyperinflation), l’Argentine ou la Russie par exemple voient ou risquent de voir les défauts se multiplier.

8/L’effet d’éviction. On l’oublie trop souvent, mais le secteur public multiplie la récession par un coefficient non négligeable, pour ne pas écrire considérable. Les dépenses publiques en France passent de 54% en 2019 à au moins  60% en 2020. Soit, là aussi, une hausse de plus de 11% des dépenses publiques. Ces dépenses sont des taxes, impôts ou cotisations futures. Autant de facteurs qui vont pousser le PIB à la baisse, raréfier les liquidités en 2020, diminuer l’investissement, augmenter l’insolvabilité de l’État. Une récession en 2020, c’est moins de recettes 2021 avec des dépenses qui risquent encore d’augmenter (amortissement de la dette, dépenses médicales…). Si le secteur public ne résiste pas aux tensions budgétaires bien supérieures à celles de 2008, la récession, à l’instar de la Grèce en 2010, sera largement plus virulente. Surtout pour des économies complètement dépendantes du secteur public.

Encore une fois, nous répétons la même chose. Une crise des dettes impliquerait une crise monétaire qui mettrait à mal de nombreux pays. C’est une réalité : les plans de relances fonctionnement jusqu’à ce qu’ils ne freinent pas eux-même l’économie.

Notre endettement est largement supérieur à celui de 2008 alors que la récession est, elle aussi, largement supérieure à 2008. Cela ne peut conduire qu’à un avènement du risque sur l’ensemble des dettes, en particulier publiques. Comme j’en ai parlé dans mon livre « 2021, Prémices de l’effondrement« , nous respectons le scénario parfait.

Par Thomas Andrieu.

Auteur de « 2021, Prémices de l’effondrement« 

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