Crise : dépendance accrue au marché obligataire

Le marché obligataire va encore prendre une importance dans le financement de l’économie. Cette dépendance était déjà monstrueuse… Il ne va pas y avoir de mot pour la qualifier!

Au-delà des 750 milliards d’euros de Quantitative Easing de la BCE, la banque centrale a endossé le risque de nombreux prêts en assouplissant ses règles « repo ». Autrement dit, la banque centrale a impulsé :

  1.  Une décote des taux de haircut de 20%. Le taux de haircut est un taux appliqué quand une institution fait un prêt à une autre institution dans le but d’obtenir plus de garanties que le montant prêté.
  2. La BCE a décidé de passer sur certaines dettes, outre la notation des agences sur la qualité des dettes. Autrement dit, même les dettes qui sont estimées « à risque » serviront à la BCE pour prêter.
  3. Les obligations grecques (spéculatives dans la notation) sont acceptées comme garantie pour les prêts entre institutions.
  4. Les prêts garantis par l’État (les prêts des PME et ménages) pourront aussi servir de garanties (collatéraux sur repo).

En prenant de telles décisions, il est clair que le marché interbancaire renforce sa dépendance au marché obligataire. L’État utilise les obligations d’État pour garantir les prêts de PME et des ménages. Ensemble de prêts et d’obligations qui servent de garanties sur repo. Un retournement violement sur le marché obligataire, comme il est habituel d’observer en période de récession, ferait complètement effondrer un ensemble de garanties. Enfin, en baissant le haircut, la BCE met d’autant plus le système à la portée d’une crise du marché interbancaire en cas de retournement obligataire.

Au même titre que vous prenez plus de risques d’accident avec votre voiture car vous êtes assuré, les agents prennent des risques inconsidérés sur les obligations d’État pensant être assuré. Comme j’en ai parlé dans mon livre « 2021, prémices de l’effondrement« , c’est justement car le marché obligataire est assuré par la banque centrale, qu’il menace maintenant de se retourner simplement car les agents prennent trop de risques. Le problème est que ces actifs sont indispensables à la survie du système financier.

Par Thomas Andrieu

Auteur de « 2021, Prémices de l’effondrement« 

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