Cette crise ouvre-t-elle une nouvelle ère économique ?

Les gouvernements ont choisi d’amortir (presque) complètementcomme jamais auparavant dans l’histoire du capitalisme cet effondrement économique. Plus qu’une question de reprise économique sur le court terme, il y a une véritable intrigue historique qui se détache de la période actuelle. 

PAS UNE CRISE SIMPLE, UN CHOC SYSTÉMIQUE

La récession de 2020 représente 4 à 5 fois la récession de 2009 pour des pays comme la France. À l’échelle mondiale, la croissance mondiale était d’environ 0% en 2009. La Banque mondiale l’estime  à -5,2% cette année. La récession de 2020 est une question de confiance. Nous avons observé un effet psychologique limité qui maintient la confiance entre la première et la deuxième vague pandémique. 2020 n’est pas le risque systémique le plus élevé. Nous venons de traduire la récession de 2020 sur les prochaines années, et particulièrement 2021 (risques sanitaires et économiques cumulés).

2021 (et 2022) sera l’apogée du (des) risque (s). Il semble que le premier semestre de 2021 sera essentiellement un risque privé (probablement en raison de restrictions). À l’inverse, le second semestre de 2021 pourrait être essentiellement un risque institutionnel (État, banque centrale, banques et services publics). Il n’y aura pas de reprise sans difficultés budgétaires publiques. Nous respectons le scénario idéal. Comme je le défends depuis 2019, la menace de la dette va devenir une réalité graduelle à partir de la fin 2020 et surtout à partir du second semestre 2021. Au-delà même de la question de la solvabilité, de la situation d’aléa moral actuelle ; de la présence de rendements sur leur extrêmes négatifs ; il y a la question de la viabilité des budgets publics et de la répartition des pouvoirs économiques eux-mêmes. 

Les finances publiques entrent dans une période critique. Les gouvernements n’ont jamais supprimé les déficits après 2009. Si nous nous penchons sur le cas de la sécurité sociale française, la reprise des finances publiques a duré presque une décennie. Le déficit réel est beaucoup plus important par rapport au ratio du PIB. On peut estimer (si l’on s’attend à la même croissance observée au cours des 10 dernières années), une reprise des finances publiques durables qui s’étalerait sur 15 à 20 ans. Ce qui signifierait une reprise publique complète entre 2035 et 2040 sans prendre en compte les nouvelles crises. En d’autres termes, l’ordre social (l’ordre européen en particulier) sera systématiquement confronté à des troubles. C’est ce que la Deutsche Bank appelle un «super cycle». Ces déficits ne peuvent disparaître sans une catastrophe sociale, et les déficits élevés ne disparaîtront pas avant 10 à 20 ans. Pendant cette période, il y aura une autre récession.

Ce sur quoi je veux insister ici, c’est la fin du système social-démocrate tel que nous l’avons connu. La démocratie dépend désormais entièrement de la stabilité sociale et la stabilité sociale dépend entièrement de la démocratie (ce qui n’était pas le cas il y a un siècle). Si le système social étatique s’effondre, la démocratie telle que nous la connaissons aujourd’hui en fera de même. Il est fort possible que le prochain sommet économique cyclique impliquera un risque politique et social.

UNE ÉTERNITÉ POUR LA REPRISE ?

Nous pouvons identifier divers scénarios :

1 / Une reprise rapide et forte entre le deuxième semestre 2021 et le deuxième semestre 2022 (et 2023). Dans ce cas, on peut estimer un retour à la normale entre 2023 et 2025.

2 / Une reprise rapide et brève les premières années suivies d’une reprise lente. Cela pourrait prendre entre 5 et 10 ans pour parvenir à un rétablissement complet.

3 / Une vraie reprise à partir de 2022 suivi d’une croissance annuelle de 1% à 2%. Ce qui signifie 8 à 16 ans de récupération. Plus pour certains pays si la récession s’aggrave.  

Dans tous les scénarios, il semble que les tensions économiques baissent généralement vers 2023/2024 après le creux cyclique de 2022. Nous respectons, comme je le répète depuis 2019, le scénario économique parfait. La crise n’est pas terminée

Voici un autre fait mondial: les pays émergents profitent du covid et les sociétés occidentales agissent sur leur déclin. La Chine dépassera les États-Unis vers les années 2030. Date synchronisée avec le pic occidental estimé de la croissance potentielle entre 2032 et 2034. À travers cette crise, nous préparons un nouvel équilibre économique qui durera jusqu’en 2060 avec le retour du risque économique

Le cycle économique suivant pour la (les) prochaine (s) décennie (s) devrait être alimenté par de nouvelles technologies comme l’IA. C’est structurel. Nous pourrions assister à une spécialisation de pays comme la Chine dans ce genre de technologies. Elle détermine une nouvelle transition cyclique afin de dépasser le ralentissement de l’économie de la connaissance (essentiellement limitée aux humains): l’intelligence artificielle.

Cette crise détermine la nouvelle ère économique parfaite!

Par Thomas Andrieu.

Auteur de « 2021, Prémices de l’effondrement« . 

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