La BCE risque de créer les conditions d’une perte de pouvoir d’achat.

L’arrivée de Christine Lagarde à la tête de la Banque Centrale Européenne en novembre 2019, à la place de Mario Draghi, arrivé en fin de mandat, n’a pas été accueillie de moult applaudissements. L’ancienne patronne du FMI, qui a été ministre de l’économie et des finances sous la présidence Sarkozy, est avocate de formation et n’a jamais été formée ni sur les bancs de l’école ni sur le terrain aux problématiques économiques ni surtout monétaires. Elle n’a jamais travaillé dans une banque ni dans une banque centrale. Contrairement à ses prédécesseurs Mario Draghi et Jean-Claude Trichet.

Elle a aussi été fortement poussée par le Président Macron pour être à la tête de la BCE, alors que des rumeurs lui prêtaient l’intention de viser l’Elysée en 2022…

En fait Mme Lagarde, comme l’explique Contrepoints, a toujours manifesté, via ses décisions et ses prises de parole, son intérêt pour une économie dirigée et administrée.

Ainsi elle s’est engagée, en décembre dernier, à poursuivre une inflation « proche de, mais inférieure à 2 % », faisant ainsi plaisir aux partisans de l’inflation.

Hier, la BCE a confirmé ses mesures prises depuis le début de la crise sanitaire, à savoir accroitre ses achats de dette publique et privée sur le marché, afin d’éviter un durcissement des conditions de financement qui serait un facteur aggravant.

La BCE va ainsi dépenser 120 milliards d’euros de plus d’ici décembre au titre du « quantitative easing » (création et injections de liquidités dans l’économie, en rachetant des obligations d’Etat et des titres de créance afin de soulager les banques). Un Quantitative Easing déjà lancé sous Draghi en 2015, au moment où les Etats-Unis, eux, qui en sont les inventeurs (en 2008-2009), en sortaient. N’oublions pas par ailleurs que la BCE avait déjà lancé un programme d’urgence de 750 milliards d’euros il y a quelques semaines.

Par ailleurs, la BCE a baissé l’un de ses taux accordé aux banques, le ramenant de -0.75% à -1%, afin que les banques puissent faire face aux demandes de prêts garantis par l’Etat (à hauteur de 70 à 90%, rappelons-le).

Selon Stanislas Jourdan, directeur de l’ONG Positive Money, la BCE, par ce biais, « délivre sans honte de la monnaie-hélicoptère aux banques »

Or, quelle est la conséquence de la monnaie-hélicoptère si ce n’est pas l’inflation? Quelle est la conséquence d’un Quantitative Easing aussi massif si ce n’est pas l’inflation?

Certes, nous n’aurons pas une inflation galopante comme dans les années 80. Mais si, comme l’avait indiqué Mme Lagarde en décembre, on a une « inflation proche, mais inférieure à 2% », cela serait catastrophique pour l’économie dans un contexte de récession aussi marquée. Car avoir près de 2% d’inflation avec un PIB perdant 10% ce n’est pas comme avoir 2% avec un PIB en hausse de 1%.

La perte de pouvoir d’achat risque d’être énorme!

Jean-David Haddad,

Auteur de : « Notre pouvoir d’achat est-il condamné? »

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