1848, 1934, 2020 : le cycle des tensions civiles !

   Depuis maintenant près de deux ans, nous assistons à une augmentation graduelle des tensions civiles : gilets jaunes, manifestations contre les retraites, manifestations pour le climat, et récemment contre la racisme ou les violences policières, etc… C’est une tendance généralement mondiale et nous assistons à l’explosion des tensions civiles dans de nombreux pays, peu sont ceux qui sont épargnés.

   Comme nous l’avons traité dans notre dernier article sur la reprise économique, nous sommes dans un contexte de très forte instabilité, et l’économie a rarement été soumise a des changements d’humeur aussi violents. Si nous ajoutons à ce contexte de tensions économiques, les tensions budgétaires publiques, nous assistons à des tensions sociales d’une ampleur historique. Quand les statues sont bafouées et les valeurs d’une société remises en question, alors nous pouvons parler de tensions civiles. 

1848

Alors que la bulle financière sur les chemins de fer éclate en janvier 1847, la crise économique qui en découle implique le chômage estimé de 780 000 personnes en France, dont 100 000 à Paris. Cette crise économique, également considérée comme une crise éclair grâce à l’amortissement découlant de la ruée vers l’or, aura des conséquences politiques désastreuses. 

En février 1848, les tensions sociales deviennent civiles : les libéraux et les républicains mettent fin au pouvoir de Louis-Philippe Ier et la Deuxième République est proclamée. À une crise économique éclair, débouche une crise civile éclair. Le nombre de morts estimé durant les trois jours de révolution (22 au 25 fév.) est de 350 et au moins 500 blessés. Mais les tensions civiles ne s’estompent pas, et en juin, après la fermeture des Ateliers nationaux qui offraient du travail aux Parisiens, les conflits font près de 5 700 morts. Bref, une République imposée au prix du sang. 

1934

C’est souvent une date oubliée de nombreux français. Alors que la Grande Dépression frappe encore le monde (une crise économique intense et prolongée), les tensions sociales favorisent l’émergence d’opposants et d’oppositions. L’année s’ouvre sur le scandale de l’escroc financier Stavisky. En février, les ligues d’extrême droite manifestent violement. Manifestations qui se transforment en émeutes contre le gouvernement. Le conflit fait 328 blessés. Quelques jours plus tard 450 manifestations sont organisées dans 356 villes contre le fascisme. Alors que des tensions budgétaires perdurent, les communistes et les socialistes tentent de faire front commun.

L’année 1934 demeure un contre-coup économique de la dépression, et la multiplication des tensions budgétaires a participé aux violentes tensions civiles qu’a connu la France dans son Histoire. 

2020

    Comme prévu dans mon livre « 2021, Prémices de l’effondrement« , les tensions sociales se transforment progressivement en tensions civiles. 2020 est extrêmement similaire à 1848 en termes de causes économiques. Nous pouvons également faire le parallèle avec 1832, quand l’épidémie de choléra a également provoqué de fortes tensions. Dans tous les cas, 2020 est bien une année aux tensions civiles extrêmes et historiquement élevées comme le montre le graphique ci-dessous. Dans une aggravation d’une situation déjà instable, le sang pourrait couler. Et malheureusement, on ne retient pas un peuple qui s’échauffe contre lui-même.  

   Dans tous les cas, comme j’en ai parlé dans mon livre « 2021, Prémices de l’effondrement« , cette année constitue un retournement sociétal majeur en réponse à plusieurs décennies d’expansions budgétaires qui se confrontent aujourd’hui à un point d’une sensibilité extrême. Malheureusement la situation est économiquement, idéologiquement et politiquement très volatile. Une aggravation de la crise économique mettrait le feu aux poudres. Les prochains mois risquent d’être très sensibles en matière civile.

  Pour l’anecdote, comme traité dans ma contribution au livre « Face au monde d’après« , ce contexte de forte volatilité idéologique s’accompagne souvent de catastrophes naturelles comme des éruptions (Fin de la République romaine, de l’Égypte antique…). Il faut s’attendre à une intensification de ces éléments perturbateurs de prospérité dans les 10 à 20 prochaines années à venir si l’on se réfère à une analyse cyclique.  

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Par Thomas Andrieu.

Auteur de « 2021, Prémices de l’effondrement » et rédacteur sur boursikoter.com

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